Encore un verre

By

De l’addiction et du rôle social des produits alcoolisés

“Tu vois, on a atteint cet âge-là, où on doit faire attention”. C’est la phrase exacte que m’a dit mon mari ce matin. Déjà, d’où se permet-il, il est plus vieux que moi de cinq ans ? Ceci dit, passé ce petit réflexe immature, je dois bien admettre qu’il a raison. J’ai bientôt quarante-trois ans, et mon corps me le fait sentir. Pas que je me sente vieille, juste que j’en connais mieux ses limites. Je sais que si je ne dors pas assez, je bougonne, et que mes jambes tirent. J’encaisse moins bien les nuits de fête et les excès.

Et évidemment, l’alcool. A mon âge, certain·es arrêtent de fumer ou reprennent le sport. De mon côté, j’essaie de dormir plus et de faire attention à ce que j’ingère, solide ou liquide. A la maison, c’est relativement facile. A l’extérieur…

J’en ai déjà parlé mais très peu de cartes de restos ou de bars proposent une offre non alcoolisée diversifiée et alléchante. Le no lo est considéré comme une exception, vin ou bière étant la norme.

En France,1 boire est un rite social. Aucun événement, aucune sortie, aucune célébration ou presque ne s’envisage sans alcool. Des réunions de famille aux pots de départ, des afterworks aux dates, la consommation d’alcool est normalisée partout, et pour quasiment tout le monde, au prétexte de la culture et de la convivialité. L’art de vivre français comporte toujours une partie dédiée à la table et aux vins.

Le vin jouit d’un statut à part et bien qu’un discours de modération existe, il est bien moins fort qu’avec les autres types de boissons alcoolisées. Mieux, le vin est intégré dans un discours de bonne santé, parfois même géré par l’état, en témoignent ces diverses affiches.

Posted In ,

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *